“La paix avec vous !” (Résumé)

C’est le Pasteur François Clavairoly, Président de la Fédération Protestante de France, qui a apporté la prédication à notre fête paroissiale le 03 avril 2016 à partir de la lecture de l’Évangile de Jean  20, 19-31.

Après avoir transmis les salutations de la Fédération Protestante de France et adressé les salutations à Monsieur l’ambassadeur de France, les pasteurs et présidents des communautés sœurs et à l’assemblée toute entière le Pasteur s’est réjoui des projets de l’Église Protestante française au Liban portés par la prière et leur avancement.

Le Pasteur nous appelle à nous arrêter tout d’abord sur un récit de la fin de l’évangile où Thomas demande à voir à la façon du Poker. Comme Thomas n’était pas là le premier jour où les disciples se sont réunis, la semaine suivante le disciple devient le témoin du Christ ressuscité.

Nous invitant à garder Thomas en tête, le Pasteur Clavairoly nous communique 3 informations à partir de ce texte, des informations simples qui portent les chrétiens dans ce monde dans des situations de fête ou tragiques. Trois informations résumées en trois mots : le Seigneur nous offre sa Paix, il nous offre son pardon et il nous demande de partager sa Paix et son Pardon.

Le Christ ressuscité se présente aux disciples reclus dans une pièce dont la porte est fermée à clef comme il se rend présent à nous alors que nous sommes cadenassés intérieurement et que nos portes sont refermées aux autres. Il se rend présent et nous dit La Paix soit avec vous avec ce geste non repris dans les liturgies chrétiennes, Jésus souffle sur les disciples. Bien des gestes symboliques ont été repris comme le lavement des pieds, le pain rompu, mais ce souffle là n’a pas été repris.

La salutation du christ, dit-il, est comme un souffle qui communique sa Paix, c’est à dire qu’il les équipe pour décadenasser leurs cœurs fermés, à ouvrir la porte de la vie aux autres. Le Christ fait tomber les barrières, même le masque de Thomas, alors qu’il est le plus douteux il sera transformé et sera amené à témoigner que son Seigneur est son Dieu. C’est toute la thématique du courage de la foi qui est en jeu, et donc le respect de l’autre car être courageux n’est pas être agressif mais être ouvert en soi même et donc ouvert à l’autre afin d’aller vers lui dans la Paix en Christ.

Ce texte de Jean est un encouragement qui engage le Chrétien à vivre sa foi dans une société qui n’est pas toujours prête à entendre cette parole. Ce dont le Christ veut équiper ses disciples, ce n’est pas d’intelligence dogmatique, ni de force physique ou de puissance économique mais de la Paix car la Paix désarme tous les puissants.

La deuxième information, c’est donc le pardon. “Ceux à qui vous pardonnerez les péchés il leur sera pardonné, et ceux à qui vous les retiendrez ils seront retenus”. Une phrase étonnante qui a beaucoup été commenté et qui vient du judaïsme. Pardonner, délier, c’est sans doute la vocation la plus belle du Chrétien. Pardonner c’est être assuré d’être pardonné soi même. Que notre existence est acceptée par le Seigneur telle qu’elle est malgré ses itinéraires tortueux.

Avoir l’assurance du Pardon du Seigneur et donc s’adresser à l‘autre en l’invitant à cheminer de délier de tout ce qu’il tient violemment fermé en lui. Cette possibilité est offerte à chacun dans le dialogue avec l’autre de découvrir un pardon, être pardonné et pardonner à son tour. Thomas était sans doute enfermé en lui-même sans doute parce qu’il n’y croyait pas vraiment mais il a été délié par le Christ.

C’est sans doute quelque chose que nous pouvons vivre en Église, entre les chrétiens et les croyants ou non, c’est croire qu’il y a un avenir possible ensemble, qu’il n’y a pas d’impasse. Lier, délier, c’est discerner que l’existant n’est pas définitivement bouclé, que le présent n’est pas un destin mais une promesse à vivre.

Enfin la 3eme information, puisque nous sommes dimanche, le jour de la résurrection, nous devons être en Paix et aller vers la réconciliation avec soi, même si c’est difficile lorsqu’on se regarde dans la glace le matin ou le soir après tout ce qu’on a fait et mal fait, ou de ce qu’on aurait du faire et qu’on a pas fait. Se présenter devant Jésus et recevoir à nouveau la certitude de son Pardon.

Il y a dans cette rencontre de Jésus et ses disciples, tout cela qui se joue. Il y a des hommes et de femmes enfermés, apeurés par une situation qu’ils ne maîtrisent pas, et puis une rencontre ouvre le champs de tous les possibles qui fait qu’ils ne seront plus jamais les mêmes. Cette information qui demande à ce que nous vivions cette réconciliation, c’est au fond l’information de la résurrection. Thomas notamment, et les autres qui ne le disent pas, est remis debout en lui même, redressé humainement et peut se présenter aux autres comme un homme pleinement réconcilié pour la Paix et le Pardon.

Thomas dit : “je veux voir pour croire”, mais Jésus le retourne et lui dit, au fond il faut croire pour voir, être dans cette confiance pour mieux discerner ce qui peut se jouer dans la réconciliation et le pardon, être dans la certitude d’être accompagné par le Seigneur pour mieux saisir les opportunités qui peuvent mener vers la réconciliation et le pardon.

La Paix soit avec vous !

Reportage (Damien)

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